Jour 4: Saint-Herménégilde – Lancaster (98 km)

Mercredi, le 5 juillet 2017.

Nous nous levons dans un ranch bucolique! Une journée ensoleillée. Les tracteurs de ferme et à gazon s’agitent déjà. Les bêtes s’activent dans les écuries. L’hôtesse Dominique nous prépare un déjeuner mémorable, composé de gaufrettes et de fruits, de café sans relâche. La belle Alexandra, 8 ans, nous accompagne et nous parle de sa campagne. Des chevaux, qu’elle adore. Des prés et des vallées.

J’écoute son récit, mais mon attention s’atténue. C’est qu’il y a les montagnes qui nous attendent, un fleuve qui se faufile, une route impatiente. Nerveuse et fébrile, destinée. Aujourd’hui, nous traversons la frontière américaine. Nous allons au pays du président républicain Donald Trump et dans le New Hampshire du live free or die !

004-parcours-lancaster

Je me suis rasé pour paraître frais et déterminé devant le policier transfrontalier. Je ne sais pas pourquoi, passer la frontière américaine m’insécurise. En effet, je ne voudrais pas être pris par un contretemps en raison d’un interrogatoire qui s’étirerait ou des fouilles interminables, qui me demanderaient d’ouvrir et de déballer tout le contenu de mes sacoches, dûment emballé.

Comme un comédien qui mémorise ses répliques, je répète alors le scénario imaginaire de l’interrogatoire. Je mémorise des réponses toutes faites. Ce n’est pas de la tarte. «Mon motif? Purement touristique!… Ma date d’entrée? Le 5 juillet!… Ma date de sortie ? Le 13 juillet!… C’est important de montrer que l’on n’a pas l’intention de rester, pensé-je. Tiens, voilà le billet qui prouve ma sortie quelques jours plus tard. Mes passeports, ici, dans la sacoche la plus proche.  Ce que je pense de Donald Trump?  Je ne… pense pas à Donald Trump. En fait, je ne connais pas très bien la politique, vous voyez. Je crois tout simplement qu’il est le président des États-Unis d’Amérique…  » Ce genre de réponses factuelles ou insipides, low profil.

Notre itinéraire du jour s’étale sur 90 km de route, longeant en grande partie le fleuve Connecticut. Heureusement, nous n’avons que 17 km à parcourir avant d’atteindre la douane. Tout cela sera vite passé. Et c’est d’ailleurs pour cette raison stratégique que nous avons choisi de camper un arrêt à Saint-Herménégilde.

Vers 9h45, nous levons l’ancre et appareillons pour Lancaster.  Et cela promet! Pour commencer, nous avons une montée à travers des champs parfumés d’herbe et de trèfle. La pesante humidité : les jambes me semblent molles. Je suis grave et les 20 kg de bagages alourdissent mes ambitions aériennes.  Comme si je m’enlisais dans l’asphalte!  Pas d’échauffement par ce temps chaud, pas vrai grand nigaud?!

Mais quelques coups de pédales suffisent à me remettre d’aplomb. Comme toujours, on dirait que je fonctionne mieux dans les montées. «Si les muscles dormaient encore, là ils sont bien réveillés, pensé-je.»

004-denivele-Lancaster

Ci-dessus, le dénivelé du parcours

Bien vite, nous regagnons la régionale 141, que nous avions laissée en plan la veille; route qui nous conduira jusqu’au poste frontalier. Dans quelques kilomètres, la route deviendra, par un hasard on dirait dyslexique, la vermontoise 114.

Mais avant, nous attend une descente folle où l’on atteint le 56 km/h.  «Watch your speed, buddy!».  Nous passons devant le lac Wallace où nous y voyons un lac et une colonie de vacances.  Sur le bord de la route, en surplomb, une gloriette en forme de ferme.  Je rigole et pense à André Carpentier qui nous a appris l’existence de la gloriette lors de l’atelier nomade de géopoétique intitulé Cap sur le fleuve.

Puis nous arrivons au bout de la route 141, du moins la partie canadienne. Nous nous arrêtons un instant avant de quitter le Canada. Mădălina sort une pomme de ses sacoches, croque à grandes bouchées. C’est le seul fruit que nous avons sur nous et nous ne voulons pas nous le faire confisquer. Lentement, nous marchons en direction du poste frontalier.

Comme c’est curieux ces maisons situées tout près de la frontière. Un homme est en train d’étendre une couche de goudron avec un rouleau sur son entrée de cour asphaltée.  Ce qui me rappelle l’époque de mon grand-père Bourbeau. L’homme arrête un instant ses manœuvres et me lance : «C’est le temps de vous beurrer les pieds, si vous voulez!»

Canaan. Port of Entry.

Nous poussons notre monture vers la guérite. Mon regard est attiré par une vieille maison abandonnée. On dirait un vieil hôtel ou un restaurant.  Enfin, se peut-il qu’autrefois cette maison ait pu faire office de poste frontalier?  J’apprendrai plus tard qu’il s’agit du vestige de la Canaan Line House, qui avait la particularité d’avoir une partie de son établissement en sol américain et l’autre en sol canadien. Ce qui fut fort pratique à l’époque de la prohibition de l’alcool aux États-Unis.  Les Vermontois savaient qu’il pouvait boire de l’alcool dans la section du restaurant sise au Québec.

Le jour de notre entrée aux États-Unis, je ne prête pas trop attention à ce vestige, mais plutôt à l’interrogatoire de l’agent du poste frontalier. Par chance, je n’aurai pas à jouer la comédie dûment apprise. Les questions de l’agent sont simples. Où allez-vous ? Je réponds : Ce soir à Lancaster, demain, North Conway, ensuite Ogunquit, et je termine mon séjour américain à Portland.  L’agent est impressionné.  Il ne demande pas à ouvrir mes sacoches. La seule chose qu’il me demande au bout d’un moment, c’est de bien vouloir enlever mon casque protecteur, retirer mes lunettes fumées et mon bonnet. Je prends conscience que je lui parle depuis quelques minutes avec un visage semi-masqué.  Une faille dans ma chorégraphie.

—You look like Julien Bourbeau, me dit-il en me regardant tout en vérifiant la photo sur mon passeport.

Il part dans sa cabine avec nos passeports et saisit quelques trucs dans son ordinateur. Et revient nous les rendre.  Il nous pose quelques dernières questions, incohérentes, en ce qui concerne notre retour, notamment à savoir quand nous retraverserons la frontière Canaan.  Je lui dis qu’il n’est pas prévu que nous revenons sur nos pas et que nous quitterons les États-Unis à Portland.

Mădălina pense qu’il essaye de nous piéger.

Avant de partir, à mon tour de lui poser une question. Je lui informe que, pour aller à Lancaster, deux options s’offrent à nous.  Il y a la route régionale 102, qui se trouve sur la rive ouest du Connecticut, dans l’état du Vermont, ou l’autoroute 3, sur la rive est dudit cours d’eau, dans l’état du New Hampshire.

—Which road do you suggest to me ?  The road 102 or the highway 3 ? Is there a large shoulder where I can Ride Safely ?

—I suggest you the New Hampshire State highway 3. There’s a wide and paved shoulder. It is definitively the safest way to go to Lancaster. Good bye folks. Have a safe and nice ride.

Me voilà rassuré. Ma préférence allait également pour l’autoroute 3. J’avais lu et vu d’ailleurs sur le site New Hampshire Department of Transportation,  une carte interactive «New Hampshire Bicycle route maps» qui nous suggérait également l’autoroute 3.

*

Au sujet de la «Canaan Line House»

Vermont was never dry, it was damp. Illegal liquor was routinely supplied by rum runners on Lake Champlain and bootleggers from over the Canadian border.

It used to take an hour to get through St. Albans because so many people were drinking in restaurants, which either had booze in the back room or advised patrons where they could get it. Traffic was routinely jammed up by bootleggers and people seeking a good time at the line houses.

Queen Lill’s Bucket of Blood in Richford was just one of the many line houses that dotted the Canadian border. The line houses were built to straddle the border between Vermont and Quebec, often with a front door in Vermont and a bar in Quebec.

One of the most well known was the Canaan Line House, on the border between Canaan and Saint-Herménégilde, Quebec. Today it’s known as the Canaan-Hereford Road Border Crossing. The abandoned remains of the old Canaan Line House sit between the Canadian and U.S. Customs stations.

Source : «Six Prohibition Speakeasies You Can Still Visit»

*

Nous voilà donc aux États-Unis, dans l’état du Vermont et la curieuse localité de Canaan qui n’a pourtant rien d’une terre promise, d’une terre mythique sauf peut-être son fleuve Connecticut, Connecticook. Une route vers les montagnes. Quelques maisons petites, déglinguées, mais surtout une immense prison frontalière, construites récemment sur d’anciens champs et terres arables. Démesurément trop grande pour la faible population. La folie du contrôle de l’immigration, celle qui fait construire des murs le long des frontières.

Nous roulons un maigre 2 ou 3 kilomètres sur la route 114, avant de traverser le pont qui enjambe le fleuve et qui nous mène dans l’état du New Hampshire. Sur l’autre rive se trouve une petite bourgade nommée West Stewartstown. Pas tellement mieux, pas tellement plus promise non plus…

Nous engageons sur l’autoroute 3, dite Daniel Webster, et nous savons qu’il nous reste encore 75 km à faire sur ce segment de route avant d’atteindre Lancaster. Comme cette route longe le fleuve Connecticut, nous n’aurons pas de dénivelés importants. C’est ce que m’ont appris les fleuves et les rivières ! L’autoroute épouse la forme des méandres.  Elle est donc tout sauf droite.

*

Le fleuve Connecticut, dis-je. Ce n’est pas une rivière!  Mais je n’en prendrai conscience que beaucoup plus tard.  C’est que la langue de Shakespeare et de Poe a oublié d’inclure le mot «fleuve» dans son lexique. Et cela fait toute la différence. Un fleuve se jette dans la mer, mais pas une rivière.  Ainsi, Connecticut River est pour moi une route d’eau qui me conduit vers Lancaster. Mais bien plus tard, lorsque je consulterai à nouveau des cartes géographiques, je remarquerai que la «rivière» Connecticut se jette dans l’Atlantique, dans le détroit de Long Island, sorte de chemin parallèle au fleuve Hudson. Cela fait donc de ce cours d’eau un fleuve. Dans cette perspective et sans l’ombre d’un doute, le Connecticut constitua une voie de pénétration importante dans le continent. Et je n’ai pas de peine à imaginer qu’il ait pu faire l’objet de nombreuses disputes et batailles lors des colonisations. Par ailleurs, certaines sources avancent que le nom «Connecticut» serait d’origine algonquine, Abénaquise, «Quinnehtukqut» et signifierait «aux abords de la longue rivière à marées».

Le Connecticut prend sa source dans 4 lacs, tous platement nommés de manière ordinale, de l’aval à l’amont : Connecticut Premier, Connecticut Deuxième, Connecticut Troisième et Connecticut Quatrième. Ces lacs sont situés non loin de la frontière du Québec et des États-Unis, à 5 kilomètres au sud de Chartierville et environ 20 kilomètres, à vol d’oiseau, du mont Mégantic. Ledit fleuve fait aussi office de frontière entre le Vermont et le New Hampshire, il traverse le Massachusetts et l’État du même nom : le Connecticut, avant de se jeter à la mer.

*

Au loin, nous voyons se profiler les cimes des montagnes, vertes ou blanches. Nous traçons vers Colebrook où un arrêt ravitaillement est prévu. Le Connecticut accueille des kayakistes, des pêcheurs, alors que l’autoroute est l’hôtesse de Pick-up truck, dont la boîte est souvent curieusement vide –un pick-up devrait servir au chargement de matériaux lourds, plutôt qu’à un simple véhicule de promenade, non?–, on y voit aussi nombreux camions et des motos. Rares sont les cyclistes. Mais nous croisons pourtant une piétonne qui pousse son enfant dans un landau. Chaque fois que je fais du vélo dans les bourgades reculées du pays, où de longs segments de route me semblent inhospitaliers, je pense à Samuel Archibald et son roman Arvida où il écrit : «L’Amérique est une mauvaise idée qui a fait du chemin!»

On le répète souvent : les routes sont en bon état aux États-Unis.  C’est encore plus vrai pour les cyclistes que nous sommes. L’accotement pavé, lisse, mais surtout large à souhait!  Environ 2 mètres cinquante.  Ce qui n’est pas rien.  Nous nous sentons en sécurité. L’agent du poste de douanes disait vrai.

*

À Colebrook, des panneaux nous rappellent que nous nous trouvons au cœur du territoire Mohawk.  Une cloche, un totem et un orignal sculpté en témoignent aussi dans un petit parc. Sommes-nous aussi chez les Abénaquis?  Sans l’ombre d’un doute! Pour nous en convaincre, nous n’avons qu’à nous rappeler que nous nous trouvons dans le Coös County, dont le nom est attribuable aux Abénaquis, plus particulièrement une peuplade située dans cette région. Le nom «Coös», dont existent les dérivés suivants : Cowasuck, Cohass, Cohasiac, Koasek, signifierait  «Pins», et  le nom Coosuk serait donc relatif au peuple des pins ou des pinèdes. De fait, nous voyons sur notre route plusieurs pinèdes qui ont toujours ce petit quelque chose de rassurant.

Avant d’entrer au centre-ville de Colebrook, nous croisons ce no man’s land de la périphérie. Là, nous faisons un arrêt dans un Truck-Stop, où se trouve un IGA adjacent. Assez inhospitalier : pas de coin d’ombrage. Seulement deux tables à pique-nique tout près des pompes à essence. Nous dévorons notre repas en vitesse : salade, fromage et tomates. Fruits. L’emballage de cire du fromage fond au soleil. Nous ne traînerons pas.

Lorsque nous reprenons la route, nous sommes envahis d’une tristesse. C’est que, malgré la route bien entretenue, les maisons qui se trouvent en bordure de celle-ci sont souvent en très mauvais état, comme abandonnées, à vendre. Cela donne la chair de poule.  Sont-ce les effets de la crise économique de 2009?

Parfois, une maison a résisté. En tout cas, elle est bien entretenue. D’ailleurs, les maisons et les commerces résistants brandissent tous fièrement le drapeau américain, surnommé le «Stars and Stripes» ou «The Star-Spangled Banner». J’avoue que si j’habitais en ces lieux, pour m’y confirmer, je me sentirais bien obligé de poser l’un de ces drapeaux. Histoire d’acheter la paix.

La route s’allonge, s’étire.

Dans une courbe tournant carré, nous arrivons dans la bourgade de North Stratford où notre seul réflexe consiste à pédaler en sauve-qui-peut. Une petite ville composée d’une station-service vétuste, une gare de triage ferroviaire, un stationnement vide, un carré de sable, un champ vague et une roulotte à patates frites Claudette and Dean’s Place.

Run like hell!

Le désert américain. Nous repartons de plus belle. Mădălina me confie que, deux jours plus tôt, lorsqu’elle regardait les cartes routières des États-Unis avec Johanne à Orford, elle avait vu la petite gargote sur Google map. Elle était loin d’imaginer que c’était une ancienne roulotte convertie.

Et les paysages se répètent de la sorte jusqu’à Groveton, qui est une localité plus importante.

Nous sommes à sec. Mais cela tombe bien, car nous nous trouvons dans la ville du Upper Ammonoosuc River Reservoir. Il y aura donc de l’eau à boire. Nous nous arrêtons dans une piscine municipale publique. Le préposé à l’accueil m’invite à remplir mes bouteilles d’eau dans le vestiaire des hommes, bien évidemment. Un jeune garçon d’environ 10 ans en maillot de bain me voyant remplir mes bouteilles me demande si je suis un biker.  Je lui réponds que oui, en imaginant que «biker» signifie «cyclist». Je lui montre mon vélo et les sacoches de voyageurs.  Il comprend alors le type de cycliste que nous sommes, Mădălina et moi.

Nous repartons après un arrêt de quinze minutes et au sortir de Groveton, nous croisons le fameux réservoir (petit barrage) de la rivière Upper Ammonoosuc. Le toponyme Ammonoosuc serait d’origine abénaquise et signifierait «lieu de pêche petit et étroit».  La rivière «prend sa source sur la pente occidentale du mont Washington». Des trains, des rivières. Un panneau indique Lancaster 9 miles away! Un dernier effort à fournir.

*

À l’approche de Lancaster, mais dans sa périphérie, je remarque des complexes d’entreposage. Les Self-storage!  Et plusieurs villes croisées le jour même et les jours suivants ont privilégié ce type d’aménagement en leur périphérie :  Groveton, Lancaster, Whitefield, Twin Mountain, Conway –pour ne nommer qu’elles!

Nous arrivons enfin à Lancaster, la langue à terre. Il s’agit de la plus grosse ville croisée aujourd’hui. Une ville d’importance, avant la traversée des montagnes Blanches. Comme notre hôtel, le Cabot Inn, est situé à 1,6 miles du centre-ville, nous en profitons pour faire l’achat de provision dans une épicerie dont le stationnement est rempli de pick-up vides.  Nous nous arrêtons  également pour casser la croûte à la terrasse du Pizza Scorpio, où nous goûtons aussi à une IPA locale, la Stone Face.

Lancaster, Langue à terre.

Avant de nous engouffrer au Cabot Inn, nous en profitons pour marcher un peu dans la ville. Nos sacoches comme toujours attirent la sympathie et les «where are you from?», «where are you going?».  C’est le cas de Michelle, une Lancasterienne, croisée aux abords du pont qui enjambe la rivière Israel (ou Siwooganock, en abénaquis, «Les pins brûlés»), affluente au Connecticut. Comme plusieurs Vermontois ou New-Hampshirois, les ancêtres de Michelle furent deux ou trois générations précédentes, des francophones originaires du Canada. Michelle ne parle plus le français, mais m’assure que sa grand-mère ne parlait que le français. Quand je lui prononce quelques mots dans la langue de Molière, elle en comprend quelques-uns.

Elle sourit.

Je remarque qu’il lui manque deux dents.  Michelle tient quelques sacs froissés d’épicerie. Elle rentre à pied chez elle après sa journée de travail. Je prends conscience que la population ne semble pas très fortunée.

Le soleil décline et demain nous traverserons les White Mountains.

*

Un souvenir littéraire. Extrais du passage à la douane dans Volkswagen Blues de Jacques Poulin.

– Where are you from? demanda l’agent des douanes.

– Québec, dit Jack.

– Where are you heading?

– Saint-Louis, Missouri.

– How long will you be there?

– I don’t know.

L’agent des douanes, qui notait les renseignements sur une fiche, mordilla le bout de son stylo. Il était plus de quatre heures de l’après-midi et, derrière le Volks, une longue file d’automobilistes attendaient leur tour de passer la frontière entre Windsor et Detroit.

– Vacation or work? demanda l’agent.

Jack se mit à hésiter.

– I’m looking for my brother, dit-il.

– Are you?!…And what do you do for a living?

– I’m a writer.

Réponse à laquelle l’agent lui ordonne de bien vouloir stationner sa camionnette et de passer à l’interrogatoire détaillé : entretien au cours duquel il avoue écrire des romans d’amour. S’il paraît suspect, aux yeux des agents de douanes, ce n’est pas parce qu’il est écrivain, mais plutôt parce qu’il ne sait pas ce qu’il veut. Ce qui est le propre de l’écrivain. Mais l’entretien s’écourte aussitôt.

Publicités
Cette entrée a été publiée dans Non classé. Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s